Publié le mardi 21 octobre 2008

Qui a besoin de la France?

21 10 2008

À la lumière de ce qui s’est passé cette fin de semaine autour du sommet de la francophonie, le moins que l’on puisse dire, c’est que notre relation avec la France est confuse, sinon carrément empoisonnée. À chaque fois qu’un politicien français fait une déclaration sur le statut politique du Québec, on en parle pendant des jours. Moi aussi!

Depuis le Vive le Québec libre du général de Gaule en 1967, les plus traumatisés par les positions françaises qui ont suivies, sont les souverainistes. C’est compréhensible, car rien ne peut surpasser cet appui total et sans réserve à l’indépendance du Québec. Pendant les quarante dernières années, les Français n’ont fait qu’inventer des formules plus ou moins alambiquées pour exprimer leur soutien au Québec tout en préservant la qualité de leur relation avec le Canada. Avec Sarkosy, le ton a changé. Il n’y a pas d’ambiguïté, la France privilégie sa relation avec le Canada tout en valorisant les liens linguistiques et culturels qui la lient au Québec. Les souverainistes viennent de perdre l’assurance qu’ils croyaient avoir que la France appuierait l’indépendance suite à un référendum gagnant. Il n’est donc pas étonnant que les ténors séparatistes aient si mal réagi en traitant Sarkosy d’ignorant qui ne sait pas de quoi il parle.  Pour interpréter une réaction aussi violente, il faut comprendre que la France est le seul pays du G8, de l’OTAN et du Conseil de sécurité de l’ONU qui pourrait éventuellement appuyer l’indépendance du Québec. C’est vital parce que les souverainistes savent que s’ils gagnent un référendum un jour, il sera extrêmement serré et que le Canada va le contester de toutes ses forces. Sans l’appui de la France, la marche vers une déclaration de la souveraineté serait si difficile qu’elle risquerait d’avorter. Ceux qui croient que le Québec pourrait déclarer l’indépendance de façon unilatérale se trompent,  mais je ne veux pas élaborer davantage sur ce sujet ici tellement c’est une question complexe. Comme je l’ai dit ailleurs sur ce blogue, le support de la France est une grande illusion. Elle ne va jamais appuyer inconditionnellement une déclaration d’indépendance suite à un référendum serré si le Canada s’y oppose. Le Québec ne fait pas le poids. Nous ne sommes rien sur la scène politique internationale par rapport au Canada qui fréquente les poids lourds depuis la Première Guerre mondiale. Je pense que la meilleure façon d’illustrer la vision que la France a du Québec est de regarder notre propre regard sur les francophones hors Québec. Nous reconnaissons notre filiation, mais nous n’allons pas risquer de nous noyer pour les sauver du naufrage. Nous avons l’assurance que même s’ils disparaissent, la culture française va survivre, car c’est ici qu’elle a sa source en Amérique-du-Nord. Les Français pensent exactement le même chose en ce qui les concerne.  Ils ne mettront jamais en péril leur place dans le monde et leurs relations internationales pour soutenir des souverainistes incapables d’obtenir un appui massif du peuple qu’ils prétendent représenter, point final.

Dans sa chronique d’aujourd’hui, le journaliste Marc Cassivi ( à lire sur Cyberpresse ) vilipende le cinéaste Pierre Falardeau pour un écrit raciste sur l’écologiste canadien David Suzuki qu’il traite de «  petit japanouille à barbiche ». Comme Cassivi, qui avoue que des écrits comme ceux-là ébranlent sa foi souverainiste, j’en ai assez du racisme, de la xénophobie, de l’intolérance et du braillage constant des indépendantistes. Encore hier à la radio, j’ai entendu une dame faire la distinction entre les vrais Québécois qui appuient l’indépendance et les autres qui sont quoi, apatrides, gitans, imbéciles heureux, canadians, faux québécois? Ça fait longtemps que ce genre de discours me dégoute. Parizeau et compagnie se comporte comme si la France avait des obligations envers le Québec. Une sorte de dette historique et morale pour nous avoir laissé tomber il y a 350 ans. Revenez-en une fois pour toutes. C’est la même chose avec l’intolérance envers les anglophones. Quand la conquête a eu lieu, les ancêtres de David Suzuki vivaient au Japon, on ne va quand même pas en vouloir à leurs descendants parce qu’ils ont immigré ailleurs qu’au Québec. C’est à cause de tout cela que je ne suis plus souverainiste et je n’ai besoin ni des Québécois intolérants, ni des autres Canadiens, pas plus que des Français qu’ils s’appellent Sarkosy ( un juif ? Honnn! ) ou de Gaule pour savoir qui je suis.

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1 Commentaire :

Commentaire écrit le mercredi 22 octobre 2008 à 02:24:36 (lien)
filou - ma terre a deux lunes
et oui, comme me répétait souvent un bon pote, tout a commencé sur les plaines d'Abraham... et c'est pas prêt de finir.


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